DONATE MAINS

Varin Zeitz Molec TherLa cécité nocturne congénitale stationnaire de forme complète (CCNCS) est une maladie héréditaire incurable et regroupe des pathologies rares de la rétine, cliniquement et génétiquement hétérogènes. Les patients atteints de cette pathologie souffrent d’une faible acuité visuelle, de difficultés à s’orienter en condition de faible lumière (scotopique) et ont souvent une forte myopie. Ces patients ne sont pas en mesure de se déplacer dans une salle de cinéma ou dans une rue éclairée par un réverbère, ce qui se révèle socialement très handicapant .

Il est difficile à ce jour d’estimer le nombre de patients touchés par la CCNCS car son diagnostic nécessite des examens ophtalmologiques particuliers. En effet, la CCNCS est caractérisée par une diminution de la réponse visuelle mesurée à l’électrorétinogramme, ce qui traduit un défaut de transmission de l’information visuelle entre les photorécepteurs et les cellules bipolaires de la rétine. Comme la maladie est non dégénérative et stable, le traitement pourrait théoriquement être administré à tout moment de la vie, ce qui en fait une cible prometteuse pour la thérapie génique.

Pour pouvoir tester l'efficacité d'une thérapie génique, deux modèles de souris mutés sur les gènes Grm6 et Lrit3, qui miment les signes cliniques retrouvés chez les patients touchés par la CCNCS en condition de faible lumière ont été générés.

En 2021, des travaux menés à l'Institut de la Vision, qui ciblaient par thérapie génique les photorécepteurs et /ou les cellules bipolaires dans ces 2 modèles de souris ont révélé une restauration de la localisation des protéines déficientes et de leurs partenaires (voir image), ainsi qu’une amélioration de la transmission du signal visuel confirmée par l' électrorétinogramme, les enregistrements de multi-electrode array ainsi que par les réponses comportementales effectuées dans l’optomètre. Ces approches très prometteuses pourront être testées sur des animaux plus grands, dont la morphologie et la physiologie sont plus proches de celles de l'œil humain, avant de passer aux essais cliniques pour un traitement potentiel contre la CCNCS.

Ces travaux ont été rendus possibles grâce au soutien d’associations de patients telles que Retina France, AFM, UNADEV et la FRM.

Juliette Varin, avec d'autres scientifiques de l'Institut de la Vision, sous la direction du Dr Christina Zeitz, ont publié ces résultats dans les excellentes revues Investigative Ophthalmology & Visual Science (IOVS) et Molecular Therapy – Methods and Clinical Development .